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	<title>BienBienBien &#187; mediapart</title>
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		<title>Plaidoyer pour un journalisme loyal, un internet poli et inversement</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 06:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Carzon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On nous le répète assez souvent : internet, c’est le mal. C’est lui qui a détruit la musique. C’est lui qui fait du mal au cinéma. C’est lui qui véhicule les pires ignominies. C’est là qu’on ne respecte aucune règle. Regardez l’affaire Mediapart. Il ne s’agit pas de journalistes encartés qui enquêtent avec leurs moyens sur [...]<p><a href='http://bienbienbien.net/?p=7007'>Permalien</a> | <a href='http://bienbienbien.net/?p=7007#comments'>Commentaires</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On nous le répète assez souvent : internet, c’est le mal. C’est lui qui a détruit la musique. C’est lui qui fait du mal au cinéma. C’est lui qui véhicule les pires ignominies. C’est là qu’on ne respecte aucune règle. Regardez l’affaire Mediapart. Il ne s’agit pas de journalistes encartés qui enquêtent avec leurs moyens sur de supposées affaires mêlant argent et politique. Non ce sont des <a href="http://www.marianne2.fr/Maurice-Leroy-nouveau-penseur-de-la-Sarkozie_a194692.html" target="_blank">« boules puantes »</a> lancées depuis l’internet. C’est bien connu, quand un média vous gêne avec des affaires, ne vous défendez pas des affaires, attaquez le média. Internet en l’occurrence qui est un cible de choix en ce moment car brisant un certain nombre de codes et d&#8217;habitudes.</p>
<p>Deux mouvements de fond se rejoignent à l&#8217;heure actuelle : certains journalistes corporatistes qui voient en internet une remise en cause de leur fond de commerce (sauf quand ça peut servir leur personal branling) et les politiques qui voient en internet une remise en cause de leur commerce de fonds (sauf quand ça peut servir leur personal branling). Pour contenter tout le monde, il faudrait revenir à un journalisme poli et loyal, celui où l’on confondait contacts et connivence, et un internet sous contrôle.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-7008" href="http://bienbienbien.net/2010/07/12/plaidoyer-pour-un-journalisme-loyal-un-internet-poli-et-inversement/518733333_5340e2efbc_b/"><img class="alignnone size-full wp-image-7008" title="518733333_5340e2efbc_b" src="2010/07/518733333_5340e2efbc_b.jpg" alt="" width="550" height="360" /></a></p>
<p><strong>1/ RETOUR AUX SOURCES</strong></p>
<p>Commençons par Jean-Michel Aphatie, le sympathique éditorialiste à l’accent chantant. Jean-Michel &#8211; je peux l’appeler par son petit prénom tellement j’ai l’impression de le voir et de l’entendre partout ce qui est clairement un signe d’Alainduhamelisation &#8211; est toujours prêt à défendre une certaine idée du journalisme à l’ancienne, pourfendant au passage la médiocrité du canal web qui, dans sa pratique, ne devrait donc servir qu’au personal branling. Le sien bien sûr.</p>
<p>Bref, il y a peu, Jean-Michel a <a href="http://blog.rtl.fr/aphatie/20100701/twitteurs-01-07.html" target="_blank">fustigé</a> l’inconscience du député UMP <a href="http://twitter.com/deputetardy" target="_blank">Lionel Tardy</a> qui a voulu live-twitter l’audition incompréhensiblement (je ne sais pas si ce mot existe mais je l’aime bien) à huis clos de Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes à l’Assemblée nationale. Je le comprends, c’est tellement naze un politique qui s’élève contre une décision inique et qui utilise un outil démocratique -à défaut d’être encore populaire- pour créer un lien direct entre lui et le citoyen, c’est-à-dire entre l’info brute et une partie des citoyens. Pour Jean-Michel, il s’agit là d’une attaque intolérable aux fondements même de sa profession. Selon lui, le journaliste doit rester celui qui récolte l’info, qui la recoupe, qui l’interprète, qui la redonne ainsi, digérée et contextualisée à ses lecteurs. Et même c’est antidémocratique : « <em>Twitter dans ces conditions, c’est se dissimuler et trahir, en clair agir sournoisement. Autant de qualifications assez éloignées des valeurs d’une démocratie.</em> »</p>
<p>Sur le fond, Jean-Michel aurait peut-être raison si les vertus qu’il prétend défendre étaient au rendez-vous mais l’exemple est mal choisi. Parce que toute cette scène à laquelle il fait allusion se passe à l’Assemblée, et il faut savoir comment circule l’info dans cette enceinte pour comprendre le côté surréaliste de cette sortie.</p>
<p>Avant d’être rappelé à l’ordre et empêché de le faire, Lionel Tardy avait commencé de live-twitter les questions posées à Domenech et Escalettes, et les réponses données par ces derniers. Si on l’avait pas arrêté, il aurait ainsi donné une certaine vision des échanges, une vision courte et partielle forcément, mais un point de vue de l’intérieur, une info brute à lire à travers son prisme. Après le carton rouge au député, on est donc revenu à la situation habituelle beaucoup plus transparente il est vrai, comme <a href="http://www.lioneltardy.org/archive/2010/07/01/autour-d-un-live-tweet.html" target="_blank">l’explique lui-même le député de manière ironique</a>. « <em>Nombre de personnes ont trangressé le huis clos, mais ils l&#8217;ont fait à l&#8217;ancienne, en envoyant des SMS sous couvert d&#8217;anonymat aux journalistes, en sortant de la salle  avant même la fin de l&#8217;audition pour s&#8217;épancher auprès des journalistes &#8230; à commencer par le président du groupe UMP lui-même</em> ».</p>
<p>Et il a raison, c’est comme ça que cela se passe à l’Assemblée quand il y des réunions auxquelles les journalistes ne peuvent pas assister, qu&#8217;elles aient un caractère public ou non. Ces derniers ont leurs sources attitrées qu’ils contactent après-coup. Quand il s’agit de réunions de la majorité et que ces sources ont un message à faire passer, elles partent un peu en avance et retrouvent « leurs » journalistes salle des Quatre-Colonnes pour leur filer des infos. De manière anonyme bien sûr puisque les propos se retrouvent souvent dans la bouche d’une « source proche du gouvernement » ou « de la majorité »… Par exemple, durant le début du dernier septennat de Jacques Chirac, une de ces sources privilégiées était <a href="http://bienbienbien.net/2009/03/17/mon-saigneur-lefebvre/" target="_self">Frédéric Lefebvre</a>, qui était alors chargé des relations entre son ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, et le Parlement. Celui-ci était un des interlocuteurs privilégiés des journalistes pour récolter du off, des petites phrases, des petites histoires qui ne font pas forcément la grande… Recoupées ou pas, ces histoires se retrouvaient telles quelles dans les journaux du lendemain. Il n’était pas le seul et le système fonctionne ainsi depuis des années, journalistes et politiques sont responsables au même titre de ce système. Toutes les réunions politiques sont « infiltrées » ainsi par les journalistes qui finissent toujours par obtenir de l’info plus ou moins fiable. On a même souvent le cas de politiques qui laissent leur téléphone « ouvert » à leur journaliste préféré pour pouvoir suivre à distance certaines réunions.</p>
<p>Donc depuis l’affaire Tardy, l’Assemblée <a href="http://hightech.nouvelobs.com/actualites/depeche/20100703.ZDN2440/twitter-bientot-interdit-de-sejour-a-l-assemblee-nationale.html" target="_blank">réfléchit</a> à l’interdiction du live-twitt. Si cela paraît avoir du sens avec les raouts internes des partis, on ne comprend pas bien la mesure dans le cadre d’audition à caractère public. Et si un député qui est le seul à pouvoir entrer dans une prison comme il le souhaite et sans qu’on puisse lui interdire, se mettait à vouloir twitter ce qu’il voit, en direct (à supposer qu’il est le droit de garder son smartphone), lui interdirait-on aussi ? Trouverait-on ça anti-démocratique ? J’aimerais bien le savoir.</p>
<p><strong>2 / LOYAL, CA MARCHE AVEC IMPARTIAL ?<br />
</strong></p>
<p>Des politiques voudraient bien revenir au même journalisme qu’Apathie, un journalisme à l’ancienne, un journalisme de valeurs. Des principes dévoyés par l’internet aujourd’hui. Et ils clament haut et fort leur dégoût de ce nouveau moyen de communication qui leur sert à beaucoup de choses sauf à leur communication. La preuve dans ce petit montage réalisé par <a href="http://www.mediapart.fr/" target="_blank">Mediapart.</a></p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xdz6x2" width="550" height="309" frameborder="0"></iframe></p>
<p>Internet, déontologie, affaires&#8230; tout cela se mélange dans un grand maelstrom où l&#8217;on voudrait bien jeter le journalisme avec l&#8217;eau du web. Dans ces pseudos entorses à la déontologie, on cite souvent, à tort, le web comme étant la source du mal, car prétendument géré par des non-professionnels, de vrais non-journalistes. C&#8217;était le discours jusqu&#8217;alors. Jusqu&#8217;à l&#8217;affaire Mediapart. Donc maintenant, on cumule les critiques. Internet, c&#8217;est un repaire de gosses mal éduquées, de caïds immatures et quand ils sont journalistes sur internet, ils n&#8217;ont aucune morale en plus du reste.</p>
<p>Tout cela, c&#8217;est donc l&#8217;occasion de vouloir remettre la circulation de l&#8217;info sous contrôle. Une députée UMP propose d&#8217;ailleurs <a href="http://www.numerama.com/magazine/16209-la-deputee-ump-marland-militello-veut-reguler-la-liberte-de-la-presse.html" target="_blank">une résolution pour défendre sa conception du journalisme</a> : « <em>La liberté de la presse, comme toute liberté, s&#8217;arrête à ce qui est interdit par la loi. Et personne n&#8217;est au-dessus des lois ni les responsables politiques, ni les journalistes. Personne. Et c&#8217;est justement parce que je me fais une haute conception du journalisme que j&#8217;ai souhaité agir contre certaines dérives par rapport aux règles communément admises. L&#8217;arsenal juridique existe déjà pour assurer la liberté de la presse dans le respect des droits et libertés individuels. Je ne souhaite pas le modifier</em> » Donc, on répète, la loi existe, elle s’applique pour tous les supports qu&#8217;ils soient papier ou web (la preuve le TGI a <a href="http://www.lepoint.fr/societe/affaire-bettencourt-la-justice-autorise-la-publication-des-enregistrements-pirates-01-07-2010-1209898_23.php" target="_blank">autorisé</a> l’utilisation des écoutes de mamie Bettencourt à des fins journalistiques), mais elle ne semble pas suffire pour la députée : « <em>Le droit d&#8217;informer doit se fonder sur une information obtenue de manière légale, loyale, et elle doit être exacte, objective, pertinente et répondant aux exigences fixées par la loi et la jurisprudence. Toute violation de ces principes est inacceptable et doit être condamnée, à commencer par les journalistes eux-mêmes afin de sauvegarder leur déontologie</em> ».</p>
<p>Elle a raison Muriel Marland-Militello. Et il faut même aller plus loin, il faut instaurer une commission de contrôle de la liberté de la presse qui validera a priori le contenu des journaux pour s’assurer que ces derniers respectent l’esprit de la résolution. Ça pourrait nous donner ça par exemple pour un journal papier.</p>
<p><strong>Compte-rendu de la commission Liberté de la Presse et Respect de la Personne siégant le 9 mars.</strong></p>
<p><em>Objet : Libération n°9069 en date des 10 et 11 mars.</em></p>
<p>Voici les décisions de la commission :</p>
<p><strong>Page 1<br />
</strong></p>
<ul>
<li>Le surtitre « Affaire Woerth » est exagéré et ne respecte pas le droit de la personne &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>Le titre « Enquête sur l’argent des partis » peut laisser croire à des malversations financières qui n’ont pas donné lieu à des condamnations &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>Le titre « Le premier Blanc sous les 10’’ aux 100 m » est discriminant &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Page 2-3</strong></p>
<p>L’événement du jour est consacré à ce que le journal appelle « l’Affaire Woerth » en Une qui appelle plusieurs remarques sur le fond et la forme</p>
<ul>
<li>Le titre « Ces 150 000 euros qui posent toujours question » ne reflète pas la réalité judiciaire. &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>Les personnes incriminées n’ont droit qu’à 18 lignes dans l’article principal, ce qui n’est pas assez pour se défendre. L’article n’est donc pas équilibré. INFORMATION NON OBJECTIVE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>Un encadré explique que « l’hypothèse du financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy ne peut à ce stade être écarté ». La justice n’a pas retenu cet élément pour le moment, il s’agit donc d’une désinformation. INFORMATION NON OBJECTIVE, NON EXACTE ET NON PERTINENTE &#8211;&gt;  A REVOIR</li>
<li>Un article en haut à droite évoque la partialité du procureur Philippe Courroye : attaque au respect la personne. INFORMATION NON OBJECTIVE ET NON EXACTE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>L’encadré « Sarkozy s’invite lundi sur France 2 » n’est pas assez mis en valeur et son titre laisse supposer que c&#8217;est le Président qui impose sa présence à l&#8217;antenne. INFORMATION NON OBJECTIVE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p>L&#8217;ENSEMBLE DE CETTE DOUBLE PAGE NE PEUT PAS ETRE PUBLIEE EN L&#8217;ETAT</p>
<p><strong>Page 4</strong></p>
<ul>
<li>« Les comptes défaits de la présidentielle » : titre et angle abusif, les comptes de campagne ont été approuvés par la commission de campagne. INFORMATION NON OBJECTIVE, NON EXACTE ET NON PERTINENTE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>« PS, UMP, et 280 surprise-partis » : l’article laisse supposer que les partis politiques dans leur ensemble, créent des structures opaques pour récolter de l’argent et contourner le système de financements des partis. Un angle anti-démocratique. INFORMATION NON OBJECTIVE, NON EXACTE ET NON PERTINENTE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Page 5</strong></p>
<ul>
<li>« La cuisine politique ou l’art des recettes » : article à peu près objectif mais une écriture ironique qui ne convient au sérieux du sujet. INFORMATION NON PERTINENTE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Page  6</strong></p>
<ul>
<li>« Grand troc d’espions à Vienne » : article susceptible d’implications diplomatiques. INFORMATION NON PERTINENTE &#8211;&gt; A FAIRE RELIRE PAR LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES POUR VALIDATION</li>
</ul>
<p><strong>Page 7</strong></p>
<ul>
<li>« Pékin condamne un Américain trop curieux » : article susceptible d’implications diplomatiques. INFORMATION NON PERTINENTE &#8211;&gt; A FAIRE RELIRE PAR LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES POUR VALIDATION</li>
</ul>
<p><strong>Page 8</strong></p>
<ul>
<li>Les médias italiens font front contre la « loi baillon » : article à charge uniquement contre un projet de loi italien. INFORMATION NON OBJECTIVE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Page 9</strong></p>
<ul>
<li>« Une météo à dégainer le plan canicule » : article qui ne met pas assez en avant ce qui a été fait par le gouvernement. INFORMATION NON OBJECTIVE = A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Page 10</strong></p>
<ul>
<li>« Andrieux, la spirale du clientélisme » : information pertinente mais écriture trop ironique. PUBLIABLE DANS L’INTERET DU LECTEUR</li>
</ul>
<p><strong>Page 11</strong></p>
<ul>
<li>« Eric Besson brandit la burqa » : information pertinente mais titre non objectif = PUBLIABLE DANS L’INTERET DU LECTEUR</li>
<li>« Un pas de plus pour l’homoparentalité » : interprétation abusive d’une jurisprudence, sujet qui n’intéresse pas le grand public. INFORMATION NON OBJECTIVE, NON EXACTE ET NON PERTINENTE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
<li>« L’affaire Woerth, c’est comme le Tour de France, du grand n’importe quoi » : édito à charge sans intérêt. INFORMATION NON OBJECTIVE, NON EXACTE ET NON PERTINENTE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Page 13</strong></p>
<ul>
<li>« Christine Lagarde limite pour taxer la finance » : article qui mérite plus de développement pour en comprendre l’importance. INFORMATION NON OBJECTIVE &#8211;&gt; A REVOIR</li>
</ul>
<p><strong>Pages Magazines</strong></p>
<ul>
<li>« Génération construction » : article sur la colonisation avec possible implications diplomatiques. INFORMATION NON OBJECTIVE &#8211;&gt;  A FAIRE VALIDER PAR LE MINSTERE DE LA MEMOIRE DE LA NATION</li>
</ul>
<p><strong>Page 20 Sports</strong></p>
<ul>
<li>« Christope Lemaître, blanc comme l’éclair » : article susceptible de tomber sous le coup de la loi contre les discriminations. INFORMATION NON OBJECTIVE &#8211;&gt;A REVOIR</li>
</ul>
<p>Malgré quelques doutes sur la pertinence des infos traitées et un ton parfois trop ironique, la commission valide le reste du journal.</p>
<p>Le président de la Commission Liberté de la Presse et Respect de la Personne</p>
<p>F. Lefebvre »</p>
<p>Tentant non ?</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/randysonofrobert/" target="_blank"><em><strong>(photo CC Randy Robertson by flickr)</strong></em></a></p>
<p><a href='http://bienbienbien.net/?p=7007' target='_blank' >Permalien</a> | <a href='http://bienbienbien.net/?p=7007#comments' target='_blank' >Commentaires</a></p>]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>La presse 2.0, moi, ça me brandingue</title>
		<link>http://bienbienbien.net/2009/11/09/la-presse-2-0-ca-brandingue/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 07:55:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Carzon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qui va sauver la presse ? Pas les journaux traditionnels qui cherchent leur modèle économique. Pas les pure-players qui doivent faire leurs preuves. Les journalistes peut-être, s&#8217;ils acceptent de se vouer au culte du &#171;&#160;personal branding&#160;&#187;. Et pourquoi pas de rendre leur carte de presse. Bakchich est dans la merde. Ce site qui a été [...]<p><a href='http://bienbienbien.net/?p=6337'>Permalien</a> | <a href='http://bienbienbien.net/?p=6337#comments'>Commentaires</a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qui va sauver la presse ? Pas les journaux traditionnels qui cherchent leur modèle économique. Pas les pure-players qui doivent faire leurs preuves. Les journalistes peut-être, s&#8217;ils acceptent de se vouer au culte du &laquo;&nbsp;personal branding&nbsp;&raquo;. Et pourquoi pas de rendre leur carte de presse.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-6338" title="eyesontheroad" src="2009/11/eyesontheroad.jpg" alt="eyesontheroad" width="550" height="367" /></p>
<p>Bakchich est dans la merde. Ce site qui a été dans les premiers à tenter le pari du pure-player d’infos et d’investigation, pourrait être placé en redressement judiciaire cette semaine, une décision synonyme de dernière chance avant de fermer boutique, ce qu’on ne souhaite évidemment pas (surtout mon ami <a href="http://blogs.lexpress.fr/media/2009/11/bakchich-au-bord-du-gouffre-fa.php" target="_blank">Renaud Revel</a> qui sait à chaque instant être doux avec les faibles et dur avec les forts). En cause : un nombre d’abonnés insuffisant, des revenus publicitaires en baisse et un hebdo papier lancé à la rentrée qui n’a pas rencontré le succès espéré. Faudra-t-il attendre un mort avant de créer les conditions d’un nouveau marché de l’information ? C’est à craindre.</p>
<p>Si des sites comme le gratuit <a href="http://www.rue89.com/media-internet/2009/10/27/fin-de-partie-pour-le-site-dinformation-espagnol-soitues" target="_blank">rue89</a> (qui a multiplié les sources de revenus) et le payant Mediapart, aux modèles économiques divergents donc annoncent qu’ils vont bientôt être à l’équilibre, ce n’est qu’une première étape avant de devenir rentables et surtout pérennes. Situation similaire pour les sites des journaux traditionnels qui occupent le terrain du web sans avoir trouvé la formule magique pour passer d’un modèle économique à un autre. Point commun, tous pensent développer une partie payante, sans savoir exactement pour quelle type d’infos ou de services liés l’internaute sera prêt à payer. Il paraît même que l’avenir est au <a href="http://largeur.com/?p=2968" target="_blank">micropaiement</a>. Libé.fr est passé en partie payant et on attend ses premiers chiffres du nombre de ses abonnés. Beaucoup d’incertitudes encore donc.</p>
<p>Alors si les journaux en ligne ne sont pas prêts à sauver la presse, qui va le faire ? Les journalistes ? « <em>Que se passerait-il si les 50 meilleurs journalistes du New York Times quittaient le quotidien de la 8e Avenue et créaient leur propre entreprise de presse, sous la forme d&#8217;un site Internet ? </em>» Cette question posée par Michael Arrington, de TechCrunch, est l’attaque d’un <a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/26/les-journalistes-vont-ils-devenir-des-marques-grace-a-internet-par-xavier-ternisien_1245462_3232.html" target="_blank">papier</a> de Xavier Ternisien dans Le Monde du 26 septembre pour illustrer sa théorie sur le concept de « personal branding » appliqué au journalisme.</p>
<p>Ancien mufti de la presse pour tout ce qui touchait à l’Islam de France, Xavier Ternisien est devenu le Prophète du web français : on lui doit l’expression des<a href="http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/05/25/les-forcats-de-l-info_1197692_3236.html" target="_blank"> forçats du net</a> qui sert à qualifier les soutiers du journalisme sur l’internet. On lui doit désormais d’avoir posé le débat à propos du journalisme de demain où la réputation sur le web ferait partie intégrante de la stratégie de carrière pour passer du print à un média online : le journalisme n’aurait presque plus besoin d’une entreprise de presse et ferait mieux de se préparer à créer ses propres niches. Et de citer des personnalités comme Jean-Michel Apathie et Jean-Marc (beurk)Morandini qui profite à plein de leur notoriété en ligne.</p>
<p>En ramenant à l’échelle de la France, on se rend que la mutation française ne se joue pas que sur des noms de journalistes, mais bien sur des titres. Xavier Ternisen cite le cas de <a href="http://www.politico.com/" target="_blank">Politico </a>aux Etats-Unis, créé par des journalistes politiques très connus, sans regarder ce qui existe déjà ici. Reposons la question de départ de manière un peu différente et tâchons d’y répondre.</p>
<p>« <em>Que se passerait-il si les meilleurs journalistes de Libé quittaient le quotidien de la rue Béranger et créaient leur propre entreprise de presse, sous la forme d&#8217;un site Internet ?</em> » Ben, ça pourrait donner <a href="http://www.rue89.com/" target="_blank">Rue89</a>.</p>
<p>« <em>Que se passerait-il si les meilleurs journalistes du Monde quittaient le quotidien du boulevard Auguste Blanqui et créaient leur propre entreprise de presse, sous la forme d&#8217;un site Internet ?</em> » Ben, ça pourrait donner <a href="http://www.mediapart.fr/" target="_blank">Mediapart</a>.</p>
<p>« <em>Que se passerait-il si les meilleurs journalistes de 20 Minutes quittaient le quotidien du boulevard Haussmann et créaient leur propre entreprise de presse, sous la forme d&#8217;un site Internet ?</em> » Ben, ça pourrait donner <a href="http://www.slate.fr/" target="_blank">Slate</a>.</p>
<p>(NLDRBBB : je n’aime pas beaucoup le terme de « meilleurs journalistes » qui renvoie à une notion de subjectivité et de hiérarchie, j’aurais préféré celle de «journalistes reconnus »)</p>
<p>Ben oui, oh surprise, il y a déjà de tels exemples en France. Des sites lancés avec des noms de journalistes pas forcément connus (hormis Plénel ou Colombani) du grand public (et souvent lourdés par leur employeur), avec pour priorité, non pas de jouer sur la réputation online de ses créateurs, mais d’inventer de nouveaux espaces de journalisme. Car aujourd’hui, toute tentative solitaire pour migrer sur le net sur la seule réputation d&#8217;un journaliste serait quasi vouée à l’échec : Barbier sans l’Express, Apathie sans RTL ou Canal +, ne représenteraient qu’eux-mêmes. Qui paierait aujourd’hui pour des éditos de Christophe Barbier ? Et on attend toujours le projet <a href="http://bienbienbien.net/2009/09/08/patrick-powned-darvor/" target="_blank">PPDA</a>.</p>
<p>La vraie conclusion, c’est ce que le seul qui joue à plein la carte de « personal branding » pour créer des médias et faire de l’argent et qui donc vient appuyer la démonstration de Xavier Ternisien, c’est Morandini. Mais bon, ce n’est pas du journalisme. Et ça ne donne pas envie. Hein, ça ne donne pas envie Monsieur Ternisien ?</p>
<p>(photo CC by flickr / <a href="http://www.flickr.com/photos/eyesontheroad/" target="_blank">Eyesontheroad</a>)</p>
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