Bien choisir son surnom de clodo
Par Romain
Aucun doute, vous connaissez John Hodgman. En tout cas, au moins de tête : c’est celui qui joue le PC dans les pubs d’Apple. Mais il est aussi célèbre – au moins aux États-Unis – pour ses talents d’humoriste. Il est ainsi invité de temps à autre au Daily Show de Jon Stewart en tant que « Resident Expert » (on en a également parlé ici) et a écrit deux livres : The Areas of My Expertise qui est aussi le nom de son blog plutôt très drôle et récemment More Information Than You Require.

The Areas of My Expertise – qui regorge d’idioties et de non-sens – a remporté un franc succès notamment en raison d’une section intitulée « Seven Hundred Hobo Names ».
Raccourci historique : les « hoboes » étaient les clochards entre la fin de la guerre civile et la grande dépression qui marchaient le long des voies ferrées pour passer la nuit dans des trains de marchandises tout en soufflant dans un harmonica ou en grattant un banjo. Le jour, ils bossaient au petit bonheur la chance dans les villes où les trains s’arrêtaient.

Chacun avait un genre de surnom qui le caractérisait : Maurice W. Graham se faisait appeler « Steam Train Maurie », Leon Ray Livingston optait pour “A No. 1” et Robert Silveria Jr. avait choisi « Sidetrack » (tous ces exemples viennent de Wikipedia). Développant un code de survie (dont un marquage au sol pour prévenir d’éventuels risques les autres hoboes) et un code éthique, ces clochards ont créé un mouvement – un style de vie dira-t-on – à la limite de l’institution. Ancrés fortement dans la culture populaire américaine, ils ont même le droit à une convention nationale dans l’Iowa.
Mais revenons au livre. Hodgman conseille ainsi – si le style de vie de hobo vous intéresse -, de prendre un nom traditionnel et même « de voler celui d’un hobo célèbre » car « l’hobo n’hésiterait pas à vous voler votre nom s’il en avait l’occasion ». Et même d’y penser pour appeler vos enfants, « cela ne voudra pas dire qu’ils finiront hobo ». Parmi ceux-ci : « Mr. Wilson Fancypants » (Pantalon Classieux), « Prostate Davey », « Ssssssssssssss, the Hisser » (le Siffleur), « Colin, That Cheerful Fuck » (Sympathique Enculé), « Trainswhistle Ernie Roosevelt, the President’s Long-Lost Brother »…
Et ce travail de monomaniaque a évidemment inspiré un projet sur le web dont l’initiateur était BoingBoing (c’était en 2005, oh mon Dieu !) : l’illustration des sept cents noms du livre. Ces illustrations, on les trouve regroupées sur le site « The 700 Hoboes Project« .

Ici, de gauche à droite : Overload-the-Dishwasher Mac (flickr Ape Lad), Hobo Zero (qui rappelle bien sûr Hodgman ; flickr jawboneradio) et No-Shoulders Smalltooth Jones (flickr halcyonsnow). Toutes ne sont pas réussies (loin de là) d’autant que les noms sont souvent difficiles à traduire (et à comprendre), mais quand on s’emmerde le week-end, ça occupe un peu le temps.


















J’ai une idée revolutionnaire à leur proposer : des flèches de navigation « next/previous » !
Bah moi je vous invite à vous référer à l’ouvrage de référence sur la question.
En 1907, Jack London a consacré tout un bouquin là dessus (lui même ayant été un « hobo » pendants quelques anénes). Dans « Les vagabonds du rail », il raconte tout ça ; comment choisir son nom, comment être sans pitié avec ses co-hobos, comment survivre, comment arnaquer les honnêtes gens pour gagner deux trois sous …
Et profitez en donc pour (re)lire quelques classiques de London… c’est toujours aussi bien.
Ah bin je vais suivre ton conseil, puisque Jack London, pour moi, ça s’est arrêté à la lecture de l’Appel de la forêt.
Je confirme, ce livre est génial. Et ça raconte aussi la prison dans le début du 20ème. London a été un réservoir à histoires incroyables.
Moi, je conseillle la chanson Only a Hobo de Bob dylan. Woodie Guthrie, l’idole de Dylan, était lui même un hobo. Et pour être précis, je dirai pas que c’est des clochards, mais plutôt des vagabonds.
*As I was out walking on a corner one day,
I spied an old hobo, in a doorway he lay.
His face was all grounded in the cold sidewalk floor
And I guess he’d been there for the whole night or more.
Only a hobo, but one more is gone
Leavin’ nobody to sing his sad song
Leavin’ nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone*
(c’est pas la chanson ignoble qu’on entend en ce moment sur les ondes)
Moi, je conseillle la chanson Only a Hobo de Bob dylan. Woodie Guthrie, l’idole de Dylan, était lui même un hobo. Et pour être précis, je dirai pas que c’est des clochards, mais plutôt des vagabonds.
As I was out walking on a corner one day,
I spied an old hobo, in a doorway he lay.
His face was all grounded in the cold sidewalk floor
And I guess he’d been there for the whole night or more.
Only a hobo, but one more is gone
Leavin’ nobody to sing his sad song
Leavin’ nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone
(c’est pas la chanson ignoble qu’on entend en ce moment sur les ondes)
Votre teMoi, je conseillle la chanson Only a Hobo de Bob dylan. Woodie Guthrie, l’idole de Dylan, était lui même un hobo. Et pour être précis, je dirai pas que c’est des clochards, mais plutôt des vagabonds.
As I was out walking on a corner one day,
I spied an old hobo, in a doorway he lay.
His face was all grounded in the cold sidewalk floor
And I guess he’d been there for the whole night or more.
Only a hobo, but one more is gone
Leavin’ nobody to sing his sad song
Leavin’ nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone
(c’est pas la chanson ignoble qu’on entend en ce moment sur les ondes)xte
J’ai choisi mon nom de clodo :
Homme Libre.
Et je m’en sers !
Ah ben non, là, t’as mis « laurent ».
Salut libre berli : C’est juste, j’ai commencé ici par donner mon prénom orignel.
Ceci dit, il y a tout pile un an, et ce n’était pas un poisson, je retrouvais un toit, après perte d’emploi, perte de famille, surendettement et deux ans d’hébergements divers sur des vieux habits pour matelas.
La liberté se forge.
Thème repris dans l’épisode 8 de la première saison de Mad Men (que je recommande à tous ! Rien vu d’aussi bien depuis… Pfiou !), intitulé « The Hobo Code ». Où j’ai notamment appris ce système de marquage au sol – sur des piliers dans l’épisode. Excellent !
Clodo ? Je croyais que c’était Vagabond, la traduction correct de « Hobo » ! Je ne suis pas sûr, mais je crois qu’ils n’apprécient, mais alors, pas du tout d’être confondu ! Ils ne veulent pas, du tout, être vu comme des personnes qui « subissent »… C’est un question de mentalité, d’honneur, d’état d’esprit.
Je dit ça, je dit rien…
Je doute qu’ils viennent se plaindre, mais j’en prends note, au cas où.