Elizabeth Rose, la débâcle financière a un visage
Par Vincent Glad
Les écrans ne pleurent pas. Et c’est tout le drame de l’iconographie boursière. Quand il faut illustrer un krach boursier, la presse est bien obligée de remiser ses graphiques et ses photos-portraits d’Alain Minc pour arracher l’émotion d’un courtier désespéré, pris en gros plan, perdu au milieu de ses papiers volants.
L’exercice est souvent pénible et peu réussi. Mais par la grâce d’un photographe libidineux, le lundi noir causé par la faillite de Lehman Brothers s’est trouvée une sublime égérie. Elizabeth Rose, trader chez Lehman Brothers, se trouvait simplement là ce jour-là , à la bourse de New York, inquiète en pleine débâcle, songeant déjà aux Assedic.
Le photographe d’Associated Press, David Karp, a shooté à plusieurs reprises. Jusqu’à accrocher le geste qu’il attend: Elizabeth Rose, flanquée de son uniforme Lehman Brothers, se prend la tête entre les mains. La presse américaine adore, comme le remarque avec brio «Arrêts sur images»: pas moins de 10 journaux reprennent sa photo, le plus souvent barrée du gros titre «Meltdown». Sans compter le New York Times ou Reuters qui l’ont photographiée dans une autre position.
Elizabeth Rose est inconnue, Elizabeth Rose est partout, Elizabeth Rose est jolie. Un cocktail probablement suffisant pour en faire le «meme» de cette débâcle boursière, le degré d’humanité qui transcende l’actualité, l’unité culturelle qui imprègne les esprits, ce que la photo d’identité de Jérôme Kerviel fut au scandale de la SocGén, ce que Nadine Morano fut au Campus de l’UMP, ce que le ventre de Bristol Palin est à la campagne de John McCain.
D’autant qu’en fouinant un peu, on découvre qu’Elizabeth Rose n’en est pas à sa première photo d’actualité. Le 20 décembre 2006, alors qu’elle bosse encore chez Van der Moolen Securities, on la découvre pensive. Le 28 décembre 2006 (après un joli cadeau de Noël?), on la retrouve très souriante. Le 10 octobre 2007, elle fait la VRP de luxe. Le 11 mars 2008, elle boit du café et fait une drôle de tête.
Et on garde le meilleur pour la fin. Le 5 septembre 2008, Elizabeth Rose fait sa chaudasse, se lèche les babines et se touche les seins, comme ça en pleine bourse de New York. Un geste gratuit, un geste magnifique. Elizabeth, on t’aime et on te pokerait bien, mais tu n’es que sur LinkedIn. Salauds de riches.
EDIT : Elizabeth Rose a en fait un Facebook.



















En voila une qui va gagner sa place sur CNBC, la chaîne où les journalistes sont
- féminines, superbes et vénéneuses
- masculins, jeunes, et aux dents longues
- masculins, poivre&sel et respectables
Heureusement que l’habillage too much de cette chaine nous rappelle qu’on est dans un autre monde. Les milliards qui se gagnent ou se perdent en une journée se font avec le sourire, on revient après la pub.
Oups : elle jouait déjà lse consultantes dans l’émission Squawk box selon son LinkedIn
Elle faisait effectivement la consultante en direct de Wall Street sur CNBC. Allez, une petite vidéo : http://video.msn.com/video.aspx?mkt=en-US&vid=324fab98-5749-4f9e-b9e3-277c201b2de3
Un très bel article, Vincent. Bravo !
“Elizabeth Rose fait sa chaudasse”, ou les résurgences du parler lorrain. On n’oublie pas son passé.
475 000 occurences sur Google pour “chaudasse”. je crois que ça dépasse le strict cadre lorrain.
Oui je confirme, je suis jamais allé en Lorraine et je l’entends régulièrement (bon peut-être pas tous les jours non plus m’enfin… ^^).
Très intéressant billet
merci!
“malmalmalpointflou”
Très intéressant pseudo
merci!
Ella a travaillé avant chez CNBC et pour la Fox, donc c’est probablement grâce à ses contacts qu’on la voit autant.
Elle peut aussi être bidon.
aujourd’hui sur le figaro
http://www.lefigaro.fr/marches/2008/09/25/04003-20080925ARTFIG00007-elizabeth-rose-la-nouvelle-star-de-wall-street-.php
[...] L’icone de la fin de Wall Street dont le patronyme crie la photog