Bétancourt : Le Monde met trop de chantilly dans son hommage
Par chryde
C’est marrant comme souvent, les médias en font juste, tout juste un peu trop. On peut quelquefois imputer ça à l’excitation et l’urgence : prenez Pujadas, hier soir, qui voit sur son écran une grande brune en robe jaune dans la cour de l’Elysée. Il interomp le président du comité de soutien d’Ingrid Bétancourt pour lui dire, ‘ha ! ha ! voilà la soeur d’Ingrid Bétancourt’. ‘Non, non, ce n’est pas elle’, lui répond calmement son invité, mais rien n’y fera, Pujadas restera scotché sur la robe jaune pendant une longue minute…
Mais on a du mal à trouver des excuses aux médias prestigieux qui ont eu en outre le temps de réfléchir à ce qu’ils allaient faire. Et nous posons la question : pourquoi Le Monde a-t-il confié sa page hommage à Ingrid Bétancourt à La Carterie ?
Passons sur le bien fondé de l’opération, qui n’a d’autre but que de permettre aux lecteurs d’exprimer rapidement leur émotion, de leur faire croire à la magie du participatif. Il est laminé par les messages eux-mêmes : mention spéciale à Jean-Louis, de Paris, qui écrit “Quand vous aurez un moment, j’espère que vous demanderez pardon d’avoir été aussi imprudente lors de cette campagne électorale”.
Mais surtout, ce design, ce livre ouvert comme un missel, ce “Signez le livre” dessiné comme sur un mauvais faire-part de mariage et surtout, cette Ingrid détourée qui semble regarder les lecteurs telle une sainte et les remercier du fond du coeur d’avoir écrit un petit mot…
On imagine plutôt une telle page sur 30 Millions d’amis, pour soutenir Brigitte Bardot pendant la splénectomie de son Labrador ou sur Gala, pour encourager Pamela Anderson pour sa réduction mammaire.
Tant de sucre est d’un mauvais goût particulier, en particulier sur cet événement, en particulier sur ce média.
(Merci à Radical Chic pour le choc).


















Lettre d’un parisien :
Cher BienBienBien,
J’ai attendu tellement longtemps qu’un media digne de ce nom se réveille enfin dans toute cette confiture dégoulinante de bons sentiments parfois mal placés, et si souvent grossier. Moi je voterai pour vous BienBienBien aux prochaines élections colombiennes.
Merci d’être là. C’est tellement beau. VIVE LA LIVERTE, VIVE LA VIE !*
*aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhh (et il saute dans la seine)
(oula le mec qui pond 5 pages et qui signe avec email et téléphone… il y en a des fois)
Salut Chryde, content de te retrouver et surtout d’avoir mis les mots sur cette horrible petite incrustation bétancourienne à la main sur le coeur, c’est absolument abject et même à Lourdes ils n’auraient pas osé. C’est absolument incroyable de gout de chiottes, j’en reste coi.
INGRID BETANCOURT : UN SUCCES MEDIATICO-COMMERCIAL
La libération de madame Bétancourt est en soi un fait anecdotique et ne concerne réellement que la personne elle-même et son entourage. Le reste est pur matraquage médiatique de la population. Cette histoire n’aurait jamais dû concerner les millions de lobotomisés télévisuels mais exclusivement les gens qui étaient dans la partie : famille, amis, proches politiques.
Il ne s’agit pas des funérailles de Hugo ici, juste d’une épopée médiatico-pseudo-politique, voire simplement mondaine. Un roman-feuilletons créé par de vaniteux journalistes.
Les médias ont pris en otage des millions de personnes qu’ils ont captivées artificiellement avec leurs méthodes habituelles de manipulations des esprits. Après le grand matraquage des masses, ce sera l’adoucisseur larmoyant qui incitera à faire écouler un pavé relatant les six ans de captivité de Bétancourt, pavé publié en centaines de milliers, voire en millions d’exemplaires.
Bref, un excellent coup d’édition que les petits Machiavels de la presse devaient préparer depuis longtemps. Sa libération devait être attendue, commercialement parlant, depuis des années. Plus sa captivité durait, plus l’affaire prenait de la valeur. Le vin a bien vieilli depuis six ans, il n’en sera que meilleur en “produit-culturel” star des supermarchés.
Ce sont les médias et les médias seuls qui avec patience et perversité (saupoudrées d’une bonne dose de gravité étudiée) ont fait entrer dans le crâne de qui le voulait bien des vérités unilatérales, uniformes, univoques et racoleuses. Ils ont réussi à faire croire à des millions de gens qui étaient au départ parfaitement étrangers à cette affaire que Madame Bétancourt était leur cousine, leur camarade de classe, leur voisine de palier.
Sous prétexte d’humanisme les “créateurs d’actualité” ou “décideurs d’événements” monopolisent un fait, le médiatisent à l’échelle mondiale pour mieux niveler les sensibilités, les opinions et finalement faire converger les vues vers un seul horizon : celui choisi par eux, les médias.
Fatalement vendeur.
Aujourd’hui Bétancourt, à qui le tour demain de servir de prétexte au “média-marketing” ?
La libération de madame Bétancourt est un immense soulagement, je ne le conteste pas. Mais uniquement pour les gens concernés : otages, familles, amis. Pas pour les Marcel Dupont se croyant investis d’une mission dupontesque largement orchestrée par les médias avides de pouvoir, d’actualités à leur avantage, de vision du monde à sens unique…
Je n’ai aucune haine, juste une rage saine contre les manitous de la manipulation médiatique qui ont l’art de créer des événements à la mesure de leur intérêts mercantilo-vaniteux.
Je refuse de me faire lobotomiser par un groupe de prétendus journalistes-humanistes à la solde des marchands de lessive. Madame Bétancourt est une invention médiatique à but lucratif en sens large du terme : faire tourner la machine à “news”.
L’exploitation éhontée de l’affaire Bétancourt à l’avantage de faire bêler les populations dociles, de détourner leur attention, de leur faire penser à autre chose qu’à l’essentiel. Les journalistes sont des charognards prêts à toutes les manipulations pour se sentir exister, tirant profit des causes les plus “flatteuses” pour ennoblir la profession à bon compte.
Certains prétendent que c’est l’opinion publique qui a libéré l’otage…
Faux !
Et quand cela serait vrai, est-ce une raison suffisante pour prendre en otage des millions d’esprits à des fins strictement privées, artificiellement montées en affaire d’Etat ?
Cette prise d’otage est à l’origine une affaire policière et non politique. Ce sont les médias qui ont fait de cette histoire une priorité nationale. Ce sont eux qui ont “réquisitionné” l’opinion, créé l’événement à des fins journalistiques. Bref, tout ceci n’est rien qu’une opération médiatique parfaitement arbitraire, savamment ciblée pour servir les intérêts d’une corporation. Les français dupes, pauvres moutons conditionnés par les médias, se réjouissent de la libération de celle qui il y a six ans encore était une parfaite inconnue… Vaste mascarade ! On fait pleurer dans les chaumières pour cette histoire mondaine pendant que le clochard du coin n’a droit à aucune attention médiatique, lui qui est pourtant pris en otage économique depuis, 10, 15, 20 ans par la société parfaitement indifférente sur son sort. Evidemment, Dédé Lacloche le SDF du quartier qui fait la manche à la sortie des magasins, c’est moins vendeur, moins romantique, moins à la mode que Ingrid Bétancourt, otage de “qualité, faire-valoir de la “pensée de référence” au visage bien photogénique et femme nécessairement “courageuse”.
Bref, Bétancourt est un otage télégénique susceptible d’être reçu avec le tapis rouge.
Les médias, pervers, manichéens, sélectifs, ont fait insidieusement passer Bétancourt pour une héroïne par le simple fait de son statut d’otage. En six années d’habiles manoeuvres journalistiques quasi subliminales, le fait est établi dans les esprits.
A quand la légion d’honneur pour Bétancourt ?
(Que l’on ne se méprenne pas sur mon discours : il n’est nullement question ici de remettre en cause la légitimité de la libération de l’otage mais de dénoncer la prise d’otage médiatique, subtile celle-là, de millions d’esprits inaptes à la critique pour mieux les instrumentaliser. Si le but est louable, le procédé est malhonnête, anti démocratique, et même définitivement immoral. D’ailleurs on prétend fort judicieusement que sans les médias, la captive aurait été libérée plus tôt. L’effet pervers de l’écho médiatique de cette affaire est que plus on parlait de l’otage, plus il prenait de la valeur entre les mains de ses geôliers…)
L’affaire Bétancourt est un pur produit médiatique. Qu’on me laisse au moins la liberté de ne pas penser selon les normes de cette “presse émotive”.
Moi, je suis un bel esprit, autrement dit un lion. Et surtout pas un âne, encore moins un mouton.
Raphaël Zacharie de Izarra
PS
Mes détracteurs qualifient les hommes du FARC de méchants terroristes… Objectivement ils ne sont pas plus terroristes que les Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, considérés eux aussi comme tels à l’époque par Vichy. Les hommes du FARC, même si ce sont des criminels, ont leurs raisons d’agir ainsi. Même si je n’approuve pas leurs méthodes, ils ont leur vérité et je peux comprendre que l’on puisse penser et agir à contre-courant des masses civilisées. Les états utilisent eux-mêmes les méthodes criminelles les plus ignobles pour maintenir leur légitimité de nantis et personne ne semble s’offusquer de la chose. La prolifération de la détention de l’arme atomique en est le meilleur exemple.
On qualifie les preneurs d’otages de terroristes. Derrière le mot TERRORISTE la réalité n’est pas toujours toute noire ou toute blanche.
Bref, le point de vue de mes contradicteurs n’est pas le leur mais celui instillé par les médias.
La presse demande à la population française de s’apitoyer sur le sort de Bétancourt et le peuple gagné d’avance par le discours des “gentils journalistes anti FARC” bêle en choeur ! Les médias auraient demandé de mobiliser la sensibilité nationale pour Dédé Lacloche le SDF du coin, aujourd’hui l’opinion publique ne jurerait que par Dédé Lacloche…
A partir du moment où la population dans son ensemble suit l’ornière des sentiments médiatiques, plus de place à l’esprit critique ! La prochaine étape de “l’émotion civique” consistera à acheter le livre-témoignage de la maintenant “très courageuse” et surtout si télégénique ex-captive…
Pour en revenir à Dédé Lacloche qui semble décidément n’intéresser aucune de ces belles âmes réglées sur les mouvements de la baguette médiatique servant une musique bien sucrée, certes il n’est pas photogénique, certes il pue, certes il bredouille quand il a bu et qu’il fait la manche au coin de vos rues. Aucun caméraman ne fait de gros plans sur sa face rougeaude et pourtant il est là tous les jours, toujours otage de notre système terroriste économique particulièrement injuste, lui et des milliers d’autres. Dédé est à portée de caméra et pourtant aucune ne prend la peine de faire un scoop sur lui. Madame Bétancourt a une réelle valeur médiatique, pas le clochard du coin dont la solitude, la souffrance, la détresse sont parfois pires et plus durables que celles endurées par “l’illustre otage” lors de sa captivité.
Ce sont les médias qui ont choisi pour vous votre sujet d’émoi du jour : ils ne sont pas bêtes les médias, ils préfèrent servir de la Bétancourt plutôt que du Dédé, c’est beaucoup plus fédérateur.
Et pendant que les caméras braquées sur Bétancourt pour servir au peuple (artificiellement réjouit par la liberté retrouvée d’une pseudo-connaissance) sa dose de “news” sucrées à la gloire de “l’héroïne nationale”, pendant ce temps-là Dédé Lacloche n’existe toujours pas, médiatiquement parlant. Il est pourtant sous nos yeux mais il n’a aucune valeur en terme d’image. Juste bon pour alimenter minablement les journaux de rues vendus par les SDF.
Beau travail messieurs les journalistes ! Un peuple entier lobotomisé en six années de savantes manoeuvres subliminales…
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(Vraiment comique et pitoyable, la dérive se poursuit sur les BLOGS : l’ex-captive est maintenant accommodée à diverses sauces : “Bétancourt les images”, “Bétancourt les retrouvailles”, “Bétancourt en famille”, “Bétancourt avec Sarkozy”, etc.
Quand je disais que l’affaire Bétancourt était une cause nationale créée de toutes pièces par les médias…
Attendons-nous bientôt à : “Bétancourt et ses recettes de cuisine”, “Bétancourt le Loft”, “Bétancourt et ses secrets de beauté”…)
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Les médias s’accaparent l’honneur d’avoir fait libérer l’otage.
Comme le pensent certains, il est en fait très probable qu’elle aurait été libérée depuis lontgtemps si on avait laissé agir les forces diplomatiques dans l’ombre.
L’illusion médiatique fonctionne à merveille : tous pensent que la libération de la captive est à mettre sur le compte des journalistes. Le silence est d’or dit-on. Moi je suis persuadé que le silence diplomatique aurait été plus efficace que le fracas de la presse.
Evidemment, tout est orchestré de manière à donner l’impression que ce sont les trompettes médiatiques qui ont rendu sa liberté à Bétancourt : shows télévisés sur shows télévisés, tapis rouges et sourires présidentiels sont là pour faire écran.
Les médias n’ont fait que retarder sa libération mais qu’importe, tout fonctionne sur le modèle illusoire : ainsi ils décrètent que le soleil se lèvera à telle heure sous leur seule volonté et miracle, le soleil se lève effectivement à l’heure indiquée par les médias…
Conclusion spécieuse des sots : c’est grâce aux médias que l’astre brille !
Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@anadoo.fr
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
02 43 80 42 98
Cher Raphaël,
il n’y a qu’une chose de pire qu’un troll, c’est un spam-troll, copié collé partout où il peut.
C’est juste pour vous prévenir. Demain, votre commentaire ne sera plus là.
Ben, j’ai essayé de laisser un message, mais ça n’a pas marché.
Mon message disait : ” Salut Ingrid, juste une question : vous seriez capable de retrouver le campement sans carte et sans hélico ? Bons baisers”
Sont pas cools Le Monde.
Huhu ^^
J’étais devant mon PC hier quand mes flux RSS m’ont annoncé la nouvelle… Bizarrement mes rares commentaires, sur différents “grands” sites d’informations ont tous été censurés :]
Je disais juste des trucs du genre “Ingrid est libéré ? Waow ! Et alors ?!”
http://lesesprits-de-l-escalier.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/03/ingrid-bete-en-cour.html
Faut croire que ma dernière once d’humanité s’est envolé comme un hélicoptère des services secrets colombien s’envolerait avec plein d’otages libérés*…
*Toute ressemblance avec un personnage ou une histoire connue serait fortuit de ma part.
moi j’aime bien le “Votre libération est une aurore boréale” par Maurice du Village de Blanmont. C’est drôle. Un peu comme ce faux livre d’or en flash, avec le texte qui descend en dessous de la page.
c’est effectivement ridicule et totalement indigne d’un site comme le monde.fr. Trouvez moi le responsable de ce machin et pendez le !!
(Oula je me moque mais je suis pas capable de poster au bon endroit, bah bravo) (tu peux couper l’autre)
(oula le mec qui pond 5 pages et qui signe avec email et téléphone… il y en a des fois)
Salut Chryde, content de te retrouver et surtout d’avoir mis les mots sur cette horrible petite incrustation bétancourienne à la main sur le coeur, c’est absolument abject et même à Lourdes ils n’auraient pas osé. C’est absolument incroyable de gout de chiottes, j’en reste coi.
quelle horreur
y’en a quand même plus de 300 pages!! éh beh
“Le pape Benoît XVI recevra Ingrid Betancourt
vendredi 04.07.2008, 14:23
Le Vatican a annoncé que le pape Benoît XVI recevrait l’ex-otage des FARC Ingrid Betancourt dès que son emploi du temps le lui permettrait.”
lesoir.be
Et là aussi je me demande, pourquoi ?