Les lois chômage appliquées à la drague
Par chryde
Le Monde 2, 27 juillet 2008
Depuis un mois, Leslie n’est plus sortie. Elle qui aimait à passer ses vendredis et samedis en soirée chez des amis plus ou moins proches a décidé de rompre avec ses habitudes. Au mieux sort-elle dans les bars ou organise-t-elle de petites soirée intimes, chez elles, exclusivement entre filles.
“C’est devenu impossible. Le nouveau jeu des garçons est insupportable”, explique-t-elle, désolée. Elle fait aujourd’hui moins de rencontres mais, explique-t-elle, “elle ne dépendent pas d’un jeu débile”. Ce jeu débile, c’est celui à la mode dans un nombre grandissant de soirées, inspiré plus ou moins directement de la politique de l’emploi de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon.

Tout a commencé quelques semaines après l’application de la nouvelle loi sur l’assurance chômage. Conforme aux promesses de Nicolas Sarkozy, celle-ci instaure la radiation de l’ANPE et des assedics pour tout demandeur d’emploi qui aurait refusé trois propositions d’embauche correspondant à son profil. Les manifestations passées, la résignation aidant, la loi est entrée peu à peu dans les moeurs, au point de déborder du cadre de l’emploi pour imposer sa symbolique un peu partout.
Il fallait bien évidemment que les potaches s’en emparent. Loïc a 26 ans. Grand noceur, il aime marquer les soirées de conquêtes féminines éphémères qu’il s’amuse à comparer ensuite à celle de ses comparses. Il a le premier eu l’idée d’appliquer la logique de l’assurance chômage à la drague. “C’est parti d’une blague, lors d’une soirée trop arrosée. On essayait de prendre la nouvelle loi sur le chômage avec humour, cynisme. Et puis j’ai suggéré que la logique soit appliquée partout, qu’il ne fallait pas se plaindre de ne rien avoir quand on passait son temps à refuser. C’est un peu pareil pour les filles, qui se plaignent de ne pas trouver le prince charmant, mais envoient balader le moindre mec qui vient leur faire les yeux doux en soirée…”
Application dans les soirées de Loïc, lancement d’un site et d’une page Facebook, la contagion a vite pris. Dans nombre de soirées étudiantes, les garçons jouent ce petit jeu avec une certaine délectation dans la cruauté, et les soirées virent vite à l’ambiance bizut. “Je n’avais pas entendu parler de ça quand j’en ai été victime la première fois, explique Camille, 24 ans. Une soirée chez des amis, remplie de personnes que je ne connaissais que de vue. Deux garçons sont venus me compter fleurette, n’ont pas beaucoup insisté. Puis un troisième est venu, encouragé par les deux premiers. Et il a insisté plus lourdement. Lorsque j’ai essayé de le rembarrer, les deux autres sont intervenus, et m’ont expliqué que je ne pouvais plus refuser. Ils m’ont tenu ce discours lourdingue, avec des sourires narquois. Rapidement, la moitié des personnes se sont mises à les soutenir dans leur blague. Ils insistaient, expliquaient que je ne pouvais pas refuser le troisième mec qui m’avait été proposé. J’ai fini par partir…”.

Accepte le troisième courtisan ou sois bannie de la soirée, voici donc la nouvelle règle de plusieurs nuits estudiantines. La tendance s’est propagée grâce à internet, certes, mais elle fut aussi encouragé par l’action du gouvernement. Quelques mois après l’installation du gouvernement Fillon, la secrétaire d’Etat à la Famille Nadine Morano mettait en oeuvre la création de l’ANRD, Agence Nationale pour les Relations Durables, organisme officiel pour encourager la mise en couple et la formation de foyer. Dirigée par Marc Simonici, fondateur de Meetic, elle a vite instauré le principe du “pas plus de deux refus” : l’inscription aux services de l’ANRD est gratuite et financée par l’Etat dans la limite de deux rendez vous tous les six mois. “L’Etat ne peut financer ad libitum les rencontres de ses administrés, explique Marc Simonici. Nous faisons tout pour présenter des personnes correspondant aux profils. Si nos inscrits ne s’estiment pas satisfaits, il faut qu’ils assument un minimum”. Ajouté aux réductions d’impôts accordées aux couples s’installant ensemble dès les premières semaines de leurs relations pour faire face à la pénurie de logements (vieux cheval de bataille de la ministre Christine Boutin), tout est fait pour que les célibataires sautent le pas.

Ces mesures inquiètent déjà certains : “on fabrique un couple artificiel. Avant on se mariait déjà pour gagner un an d’impôt, aujourd’hui on se met en couple dès la deuxième rencontre pour ne pas payer son rendez-vous, et économiser sur son logement. Le lien amoureux est disloqué, et c’est la famille, prétendument défendue par le gouvernement, qui va au final en souffrir”, s’emporte François de Singly, sociologue spécialiste de la question, qui craint une considérable vague de divorces dans les années à venir.
En attendant, dans les soirées, certains se sont déjà adaptés. Ainsi de Laure, 21 ans, qui a décidé de prendre les devants : “je n’attends pas qu’on vienne me draguer, je fonce. Je prends les mecs à leur propre jeu. Pas question de me faire radier. Et si personne ne m’intéresse, je me casse aussitôt”.


















J’adore. Chiche pour une soirée BBB ?
achetez un cerveau !!!! Comme si stigmatiser une situation de drague déjà difficile pour beaucoup allait aider les uns et les autres à retrouver une confiance souvent vite perdue…. Pratiquer ces jeux stupides est un signe fort de superficialité et de manque de suite dans les idées.. je serais une nana, je mettrais juste tous ces pauv loozers à la poubelle…
Comme dirait les devs :
dev/null
Je dirai même plus : achetez vous un cerveau, cet article est un fake ! Dieu que les gens manquent de recul
Je ne suis pas sûr de bien comprendre…
Ca veut dire quoi “Le monde 2, 27 juillet 2008″ ? C’est une blague de science-fiction ? Un super scoop ?
S’il vous plaît, veuillez éclairer ma lanterne.
Fiction journalistique
Ah wai très bon.
C’est un peu atroce raconté comme ça mais y’a un fond à creuser je pense.
Saletés de filles !
Oui, ca vaudrait le coup de tester…
Vraiment bravo lay gens, jaime bien le style =)!!et vou
Chryde s’est prit un rateau il y a 2 jours, c’est sa facon à lui d’exprimer son dégoût
En tout cas j’adore.
Y croire ou pas, le texte a de quoi faire douté…
A tester ^^
Aah même sans être crédible, elle me fait trop peur cette histoire.
IL manque certains détails intéressants de la proposition de loi initiale : Les critères adaptifs:
Apres 3 mois de célibat, une personne doit accepter une proposition de quelqu’un attrayant à 80% de son précédent conjoint et avec une différence d’age de +/- 5ans.
Le quota tombe à 60% et +/- 10 ans pour 6 mois de célibat.
A 1 an célibat, une personne est tenue d’accepter une proposition de n’importe quelle personne du sexe de sa préférence, en état d’avoir des relations sexuelles et n’étant pas atteint d’une maladie vénérienne grave.
Vraiment n’importe quoi ce comportement (si cette histoire est vraie…).
On peut tous inférer des trucs débiles à partir d’une idée en l’air. Illustration :
- Au bout du 3ème emploi refusé, un chômeur est radié.
- Au bout du troisième refus de prétendant, une fille est considérée comme exclue et incasable.
- Au bout du 3ème contrôle raté, l’élève est exclus du système scolaire
- Au bout de la troisième condamnation qui conduit à la prison, on ressort la guillotine.
- Au bout de la troisième maladie que l’on contracte, on nous laisse crever, le médecin n’ayant plus le droit de nous soigner.
On se marre, attendez un peu que l’on applique vraiment tout cela…
@Lucidité :
Ouuuh, on a peur. La fin est proche.
THE WORLD IS GONE !!!
A mon avis c’est totalement faux rien que de par l’intro…
Puis ces cons là ils pourraient bien lancer une mode avec leur truc ! mdr
Serait-ce vraiment grave de re-sortir la guillotine pour les multi-récidivistes ? On ne commet pas des crimes/délits comme on tombe malade. Une fois, passe encore, 2 fois, j’ai déjà plus mal, 3 non désolé. Réac ? Facho ? J’encaisse, j’encaisse…