Les ch’tis à la sauce Dati

Par Vincent Glad

Dati, Deschiens : bienvenue en Saône-et-Loire.

Pas de mots cles pour ce post.

  • Par La vuilla le : 04.05.2008 repondre au commentaire

    La vuilla ap la Rachida

    Sus la grand route, on beau jo du mois de septembre, la vuille paysanta rentrève des champs, sa pioche sus l’épaula.

    Fatiguia, pleya sos le poids des ans ap des poines, alle s’en allève bachant du doûs, trainant des pis ap torgeant du thiul. Groussièrement vitia, ses cotillons répiécetés avint l’odeur de la tarra ap des harbes sauvages.

    Veniant de son côté, na drouille d’Châlon d’vnue ministre, novallement errivia décrevis, le nez en l’air. De temps en temps alle portève à ses lèvres na cigarette, ap alle lancive on flocon de feumire. Poudria, parfemia, vitia d’cotillons d’chez Dior, touta sa personne encharognive le musc et la cocotte à trente pais.

    De tant loin qu’alle aperçut la vuille, alle fut na grimace de mépris. Ç’la vuille manante Marie Deschiens, qu’alle se dessit, qu’é va fallai rencontrer !

    Pus, à l’idée qu’alle allève pouvoir s’en moquer, ap l’épater ave sa cigarette, alle se métut à sourire. En éprochant la vuille, tout de suite alle li tadut la main.

    - Oh ! V’la la Marie Deschiens ! C’ment vat-i, Marie ? Vos êtes toujes jeûna, toujes brâva, toujes fière ! Que si ! Que si ! Oh ! Que vous ez bonne mine ! Vous êtes fraîche, fraîche c’ment na rousa ! Ap vos ez on brâve cotillon… Oh ! Le brâve cotillon qu’es ez donc !

    Ap patitati, ap patata ! La pourra vuille répondève oui, ap non, ennoya des propos de la jeune moquousa.

    - Mais Rachida, qu’alle déssit à la fin, à Paris les filles feumaent donc c’ment les magnats ?
    - Mais oui, que répondut l’autra. Vouillez-vos na cigarette ?
    - Non merci ! J’en ai déjà vu na de ce métin qui feumève c’ment tei.

    Pus, c’ment la Rachida, étonnia, ouvrire tous grands les œux, ap la goârge, po mieux comprendre :

    - Oui, ce métin, je sus allia me pouser vé nouton feumi ; quand j’me suis relevée j’en ai vu na derri moi, fraiche c’ment tei, que feumève c’ment tei, ap que chentève c’ment tei… Nouta treue a passé, al v’niot de la pouser. A r’voir Rachida.

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