On est bien peu de choses...

Le Russe qui a sauvé le monde

Par chryde

En 1983 j’avais 9 ans. La guerre froide était à son apogée. Mon instituteur s’amusait à nous faire peur en imaginant un duel nucléaire apocalyptique entre les Etats-Unis et l’URSS, au dessus de nos têtes. J’avais 9 ans, et je ne savais pas à l’époque que si nous n’avons pas vécu tout cela, c’est grâce à un officier soviétique qui a eu un soir un peu plus de jugeotte que les autres.

Petrov

Il s’appelle Stanislav Yevgrafovich Petrov. Lieutenant-Colonel, il était, le soir du 26 septembre 1983, dans un poste de lancement de missiles nucléaires. Son travail : se préparer à une attaque américaine, et répliquer si besoin. La tension était telle à l’époque (les Russes avaient abattu un avion civil coréen New York quinze jours auparavant) que le protocole était simple : si les militaires repéraient un missile, ils envoyaient les leurs, puis en informaient les politiques. Tape d’abord, demande après.

Le 26 septembre, donc, l’ordinateur signale un missile nucléaire en provenance des Etats-Unis. Petrov préfère attendre : si les Américains attaquaient, ils ne lanceraient pas un seul missile. Seulement, un autre est signalé, puis deux, trois, quatre et finalement cinq. Alors qu’autour de lui tout le mond s’agite, que les officiers et soldats se préparent à la réplique, qu’un écran géant lui ordonne de frapper, Petrov continue de trouver cela louche. Alors il ne bouge pas. Et ne déclenche pas l’attaque. Plus tard il expliquera, avec ce bon humour à froid typiquement russe, que s’il n’a rien consigné de l’événement, c’est juste parce que “j’avais un téléphone dans une main, un interphone dans l’autre, et je n’ai pas de troisième main”.

Wargames

Il avait eu raison. Une position rare et étrange du soleil a trompé l’ordinateur, qui a pris des rayons de lumière pour des missiles. Aucune bombe n’est tombée sur Moscou, aucune sur les Etats-Unis en retour.

Petrov a du être remercié une demie-heure, puis il a été décidé qu’il avait fauté en ne suivant pas le protocole, qu’il n’aurait pas du prendre ce risque. Retraite prématurée, 200$ de pension par mois, merci soldat. Cet homme a sauvé le monde, en quelque sorte. Et le monde ne l’a appris qu’il y a une poignée d’années.

Merci Petrov.

Un article très complet sur le Malta StarSur Overcoming Bias La deuxième image est tirée du film Wargames

  • Par Wedge le : 01.10.2007 repondre au commentaire

    Ca fait bizzare d’apprendre entre 2 news lues vite fait qu’on a failli provoquer une hécatombe atomique à cause de quelques rayons de soleil.

    L’humanité tient donc à si peu de choses finalement que les hésitations d’un mec à appuyer sur un bouton ?

    En tout cas, merci Petrov de t’être retenu…

  • Par SdC le : 01.10.2007 repondre au commentaire

    Le monde est un démon

  • Par Da Scritch le : 01.10.2007 repondre au commentaire

    Ayez foi en l’Humanité.
    Oubliez vite celui qui l’a sauvé de ses erreurs fatales.

  • Par Martin P. le : 03.10.2007 repondre au commentaire

    Nous en sommes encore là, même si la séquence de mise à feu ne consiste pas simplement à appuyer sur un bouton

    A chaque fois qu’un malade dit “guerre” qque part, un autre malade du camp opposé dit “guerre”

    A ce petit jeu, à la fin, on se balance des bombes et quand on en a plus on y va au couteau sur le voisin bronzé

  • Par Samy le : 06.10.2007 repondre au commentaire

    Merci Stanislav Yevgrafovich Petrov.

    Par LeUBmasqué le : 17.12.2007

    +1

    Par anator le : 03.01.2008

    “Oeil pour oeil… et le monde finira aveugle.” Ghandi

    Je me souviens bien de cette époque et j’avais le même âge que l’auteur. J’avais très peur d’un conflit généralisé et j’apréhendais assez bien le résultat d’une guerre nucléaire.

    Aujourd’hui la donne géostratégique et géopolitique a changé mais j’ai l’impression que l’on se sent plus en insécurité qu’à cette époque; pourtant on vivait avec la probabilité d’une attaque qui anéantirait le monde sur nos têtes. C’était peut-être plus abstrait dans les esprits voilà tout.

  • Par MaTT- le : 19.01.2008 repondre au commentaire

    Wow, énorme ^^

    Une bienbienbien bonne note tiens, me coucherai moins bête ce soir

    L’hiver nucléaire pour un rayon de soleil, c’est vrai que ç’aurait été moche

  • [...] On peut dire que ce type a permis d’éviter la fin du monde… Tout son histoire à lire en cliquant ici (merci Jedi :) ). Pingoo le 07/10/2007 à 5:16 | 1 commentaire Tags : politique Lire aussi : [...]

tout pareil

My name is Bondonov Des sous marins nucléaires comme dans vos rêves

Appellation d'original contrôlée Du peint du vin

Dites-le avec des fleurs, bordel Un million de mercis à Andy Warhol, petits lapins inside

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