Radiohead comme tombé du ciel
Par chryde
Radiohead a mis le temps. Mais Radiohead a enfin tenu sa promesse. Après Hail to the Thief, leur dernier album en date, le groupe a commencé à entretenir un brouillard de plus en plus épais. Sites web énigmatiques, blog elliptique, déclarations aussi péremptoires que floues. Et en filigrane, cette promesse : désormais débarrassé de toute contrat avc une maison de disques, le groupe ferait ce qu’il voudrait. A l’époque, Thom Yorke laissait entendre que le groupe ne suivrait plus la chronologie traditionnelle du marché de la musique, ne laisserait pas passer autant de temps entre ses albums, préférerait publier des formats courts de temps en temps que des albums trop rarement.
Seulement, c’était en 2003. Et depuis, nous n’avons eu ni LP ni EP, ni single, ni album, rien. Jusqu’à aujourd’hui.
Une page web. Une phrase (”Radiohead have made a record”) qui est autant un mea culpa qu’une annonce divine. Surtout, un lien vers une page de commande. In Rainbows, un disque que l’on peut commander en package complet (40 livres, livré avant le 3 décembre) ou en téléchargement (livraison le 10 octobre), avec un prix… libre.
Radiohead n’aime plus les labels, on le sait, Thom Yorke l’avait assez clairement fait comprendre il y a quelques années, quand il regrettait l’époque “où les maisons de disques étaient comme des fabricants d’armes distingués, qui traitaient la musique comme un joli hobby et n’étaient pas (trop) soucieux de leurs actionnaires”. Aujourd’hui, Radiohead peut se passer d’un label car ils ont produit assez d’albums pour ne plus être liés à EMI. Aujourd’hui, Radiohead est également assez puissant pour se passer d’un label : Thom Yorke éternue, c’est toute l’industrie qui sort ses mouchoirs. Radiohead peut dire sur un site mystérieux “nous avons un nouveau disque” et voir les commandes affluer. Radiohead peut vendre cher le physique, et laisser le prix libre sur l’immatériel.
Alors quoi ? Alors on pourrait trouver la manoeuvre facile, un rien élitiste. Mais il est aussi réjouissant de voir l’un des cinq six groupes aux mondes assez influent pour se lancer dans une telle aventure, se lancer effectivement dans cette aventure. Cela ne fera pas réfléchir les majors. Elles ne se poseront pas de questions sur le rapport nouveau aux artistes, sur l’éclatement de la chronologie et des formats musicaux. Et dans cinq ans, on parlera de cela comme d’un épiphénomène remarquable, en se demandant pourquoi il n’a pas eu plus d’effets.
Las… Merci Radiohead (et merci à la Blogothèque et à Runuts pour l’info)





















Et surtout quid des DRM ? Vont-ils s’en abstenir ou non ? Faire confiance à l’honnêteté de leurs fans ou se dire qu’ils n’auront plus que leurs places de concerts pour en vivre ? (quoique j’ai plutôt confiance dans ce mode pour eux).
Je me souviendrais d’un échange de mails absolument stupides d’activistes anti-drm à Toulouse quand l’un d’eux à proposé d’insister pour faire de la pédagogie à dese jeunes groupes du genre « mieux vaut vendre des t-shirts que vos CD [qui seront DRMisés via les majors] ». L’intérêt d’un groupe est de vivre de sa musique, pas des t-shirts pondus par un graphiste externe au groupe, non ?
Les Majors ont trop jeté d’argent dans les années 1990s et quand internet est arrivé, leur business-model a été de traiter les clients comme des bandits. Certains artistes comme Trent Reznor en ont eu marre.
Pourquoi l’intérêt du groupe serait-il de gagner de l’argent avec leurs disques ? Si plus de gens profitent de la musique et qu’ils gagnent autant avec leurs T-shirts, ils devraient être contents ?
Je suis peut-être stupide, mais je soutiens (a priori) l’opinion de ces activistes (si du moins ça fonctionne).
Comment il se la joue…
Tiens, c’est cool de te voir ici, toi.
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[…] Radiohead comme tombé du ciel | BienBienBien “Cela ne fera pas réfléchir les majors. Elles ne se poseront pas de questions sur le rapport nouveau aux artistes, sur l’éclatement de la chronologie et des formats musicaux” … et elles se casseront la gueule définitivement (tags: musique) […]
[…] Radiohead comme tombé du ciel Cela ne fera pas réfléchir les majors. Elles ne se poseront pas de questions sur le rapport nouveau aux artistes, sur l’éclatement de la chronologie et des formats musicaux. Et dans cinq ans, on parlera de cela comme d’un épiphénomène remarquabl (tags: Radiohead album majors) […]
Le pari est osé, même si peu risqué pour un groupe comme Radiohead.
Les ventes de “discbox” à 40£, les droits radio et vente des précédents albums, le tout ajouté aux places de concert, cela laisse largement de quoi vivre à Yorke et consorts.
Cependant, je ne peux que saluer l’initiative qui a le mérite de mettre un énorme coup de pied dans la fourmilière de l’industrie du disque. Avec bientôt une réponse à la question : “Combien sont prêt à payer des fans pour acheter un album en ligne ??”
To be continued…
Bonjour…
Il y a 2 probleme:
- Le 1er, c’est vraiment un album pourri, mais ca c’est une question de gout…
- Le 2nd, c’est que finalement ils font exactement comme le systeme qu’ils dénoncent: si t’es pauvre tu manges de l’epaule( download), et si t’es riche t’as du herta( le pack)!!!